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Ca déménage à La Lettrie

 

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Chers lecteurs,

Pour diverses raisons techniques, j’ai décidé de déménager. Mon blog est désormais accessible à l’adresse suivante : http://lalettrie.over-blog.com/

Vous pourrez même vous abonner ou me lire sur vos appareils mobiles.

J’ai bien aimé ces 1ers mois en votre compagnie, je me suis senti chez moi ici; je remercie ceux qui m’ont suivi ou référencé.

Vous pouvez également me trouver ici : https://www.facebook.com/lalettrie?ref=aymt_homepage_panel

 

A bientôt,

la Lettrie

 

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Abandon du Mâle en milieu hostile

Un auteur explosif, un roman sympatoche

 

Erwan

 

 

Erwan Larher, Abandon du mâle en milieu hostile,

Plon, 2013

 

 

 

 

 

 

 

Dans les années fin 70 – début 80 à Dijon, c’est-à-dire une petite ville bourge et ronflante, un jeune BCBG s’amourache, puis se passionne pour une punkette. Le thème cinématographique des deux caractères opposés qu’on réunit.

 

Je te haïssais.
Avec tes cheveux verts, sales, tu représentais tout ce que j’éxécrais alors : le désordre, le mauvais goût, l’improductive et vaine révolte juvénile. (…) quand tu portais ce pantalon écossais trop petit, moulant en diable, déchiré en de multiples endroits et garni d’épingles de nourrice – un mystère pour moi que la vogue de l’épingle de nourrice en 1977, une preuve en tout cas de ton infantilisme. Si tu avais été ma sœur, papa t’aurait reniée.

 

Mais le jeune gars la suit partout. Elle l’initie à beaucoup de choses, y compris aux very bad trips des concerts punks (quelques passages jubilatoires). A tel point qu’ils finissent par se marier. Ensemble !
La fille devient une brillante étudiante en Lettres, puis une romancière prodige.
Tout va bien ? Pas complètement parce que, régulièrement, la jeune femme reste à Paris plusieurs jours, prétendument pour son travail, mais le jeune mari (les personnages n’ont pas de nom – voir plus bas) craint d’être trompé…

Il va se passer un truc grave.

Le jeune homme va découvrir en effet qu’elle a une double vie, mais pas du tout celle qu’il redoute. Elle a fondé une sorte de phalange vaguement anarchiste appelée AI-CCL : Action Indirecte branche Commando Contre la Laideur.

La suite… chez Plon

 Il y a beaucoup de références à l’actualité de l’époque. Et beaucoup de références rock, y compris à des groupes punks assez pointus : Crass, Asphalt Jungle, Metal Urbain.

Phénomène d’époque sans doute, mais on peut relever pas mal de points communs avec la Fin des Punks à Helsinki de Jaroslav Rudis : années 80, rock, punk, bars, contexte politico-historique, et aussi un activisme sympathique contre la laideur, le factice, la société du spectacle.

 L’Auteur

Rencontre avec Erwan Larher
Album : Rencontre avec Erwan Larher
Un entretien drôle et dynamique
6 images
Voir l'album

 

 J’ai pu renconter Erwan Larher en mai 2014 à Dijon. C’est quelqu’un de charmant, et en même temps un peu high voltage. Il a exercé différents métiers dans le management rock (EMI Universal), la publicité, la télévision. Il fait également du rewriting (réécriture, corrections de traductions ou littérature commerciale). Il a étudié un an à Dijon après avoir fait l’IEP d’Aix en Provence. Il détient un DESS de gestion des institutions culturelles. Il porte actuellement un beau projet d’ouverture d’une résidence d’écrivains  dans le Poitou : http://www.erwanlarher.com/

 

 L’Ecriture

 Erwan Larher écrit depuis l’âge de 14. Parmi ses grands modèles : Dostoïevski (Le Joueur), Stefan Zweig pour les descriptions psychologiques, Camus, Farenheit 451, Des Souris et des Hommes, Ionesco (La Cantatrice Chauve), Jérôme Ferrari. Et Mallarmé : « J’espère avoir un peu de poésie dans mon écriture », dit Larher.

 Il travaille un peu à l’ancienne : carnets de notes ; il écrit dans un grand cahier, il tape ensuite, puis il corrige à la main.

Contrairement à Jean Echenoz, dit-il, il pense que les personnages ont leur propre vie. « Ce n’est pas de la mystique », mais il est parfois étonné du devenir de ses personnages. « Les choses sont habitées », « il y a une densité. »

Il n’aime pas décrire, même s’il s’y astreint parfois.

 Genèse de l’Abandon

 Il a commencé cet ouvrage en 93, son année dijonnaise ; jusqu’en 2013, il a beaucoup changé et retravaillé l’ensemble.

On n’a qu’un seul point de vue, celui du garçon : c’était une sorte de pari de départ. On a un portrait en creux, ce qui laisse une grande place au lecteur.

Il a envisagé aussi d’écrire le point de vue de la fille, notamment dans un autre roman. Mais plus ou moins abandonné.

L’idée de la fin a changé « plein de fois ». L’écriture d’un roman est, selon lui, « une matière vivante ». La fin définitive est arrivée seulement à la dernière relecture des épreuves !

Que se passe-t-il réellement ? Le héros, « moi, j’sais pas c’qu’il fait après ! » ; la fille est elle vraiment amoureuse de lui : « je ne sais pas », nous dit Erwan Larher.

Les deux personnages correspondent un peu à deux aspects de sa personnalité. Il est lui-même fils de militaire, mais très jeune, il était en colère contre beaucoup de choses.

Le titre est de lui, et il a un droit de regard sur la photo de couverture choisie. François Taillandier, son éditeur chez plon, lui a proposé quelques corrections, mais peu de grands changements.

Un personnage intéressant, un roman à lire

Nouveautés et actualité d’Erwan Larher

 

 

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Blogical Mystery Tour

is coming to take you away.

Blogical Mystery Tour 2

 

 

lalettrie.unblog.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pour découvrir la  vaste campagne des lectures, rien ne vaut… le transport en commun. Cherchons aventure et laissons-nous, par la faim de découvertes, en ces lieux mystérieux attirer.

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Immigré, fuite d’eau, plombier et mass murder

 

Réponse à la petite pensée.

Il faudrait fermer le robinet de la bêtise, de la vilenie, de la veulerie, de l’inhumanisme. Ca déborde dans presque toutes les pièces. On a besoin de plombiers. Urgent.

 Si vous êtes un immigré clandestin, que vous n’êtes pas mort, que vous avez un accès à internet et que vous aimez mon blog, je vous envoie un petit message d’encouragement : il faut rester coule.

 

Pompier polonais Libé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fameuse invasion de plombiers polonais
vers 2004…

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la Fin des Punks à Helsinki

Un roman qui décoiffe, à plein de titres.

Plusieurs récits qui alternent, à des époques et par des narrateurs différents : les histoires d’Ole, de Nancy, d’une autre jeune fille et un petit épisode en italique qu’on comprend à la fin.

Fin des Punks

 

La Fin des Punks à Helsinki, Jaroslav Rudiš, Books Editions, 2012

 

 

 

 

 

 

 

OLE. Leader d’un ancien groupe punk. Tient un bar underground – le Helsinki. Divorcé. Une fille, avec qui le contact est difficile. Vit en Allemagne dans une ville sans nom (voir plus loin). Aimerait pouvoir se passer de la présence et du désir des femmes.

Helsinki. Capitale de la Finlande !… La tournée et la carrière du groupe d’ Ole, Automat, se sont arrêtées juste avant que les musiciens n’atteignent cette ville.

Le Helsinki. Bar d’Ole. On n’y sert à peu près comme nourriture que de la soljanka, on y boit surtout de la bière et du šnit. En creusant une paroi, Ole a découvert une salle d’un ancien petit cinéma privé rempli de vieilles bobines porno en noir et blanc (NB Dans certaines langues slaves, N&B se dit à peu près tchernobyl – voir plus loin). Le bar est quasi le seul lieu punk de la ville, et en même temps le seul bar qui ne soit pas aseptisé, dans la ville. Il est un peu réservé à quelques dizaines d’habitués, et ceux autorisés à assister aux séances de ciné sont encore moins nombreux.

La ville d’Ole. Une ville est-allemande des années 90. Totalement en travaux. On y creuse une autoroute souterraine, ce qui fait trembler toute la ville, et va faire fermer le bar d’Ole par les autorités. Une ancienne fabrique à bière fournit également un étonnant terrain de jeux à Ole et à son copain. La ville n’a pas de nom. Quelques indices au cours du roman (voir rendez-vous avec Rudis).

Le récit. Qui est le narrateur de cette partie ?… On l’apprend vers la fin du roman.

 

DEBUT ET FIN DU ROMAN. Le roman s’ouvre et se clôt sur 2 courtes parties en italiques, tristes et belles, racontées par Ole lui-même. Une histoire, une rencontre, une jeune fille qui l’a marqué à tout jamais.


NANCY
. Jeune fille punk qui écrit son journal vers 1987. Elle habite Jesenik, au nord de la République Tchèque actuelle. Pour elle, c’est un trou paumé. Elle vit ou essaie de vivre avec une tribu de punks et son amoureux qui se fait appeler Helmut. « Nancy » n’est pas son vrai prénom non plus… ça vient de la copine d’un des Sex Pistols. Elle est des Sudètes, mi allemande, mi tchèque. Elle e tout le temps peur de tomber en cloque. Surtout, elle a constamment mal à la gorge : à cause de l’explosion de la centrale atomique de Tchernobyl (Ukraine, URSS), en 86. Elle emploie de nombreux mots allemands dans ces phrases, elle tient à ses origines allemandes. Et beaucoup de gros mots aussi. Une certaine violence. Son journal intime s’appelle « la Vallée des Sans Cervelle ».

Quel est le lien entre cette partie et celle d’Ole ?

 

UN AUTRE JOURNAL INTIME. Un texte écrit dans l’urgence, presque en une seule phrase, « le Manifeste des gens Beaux ». Un manifeste anticapitaliste. Des points communs avec le roman d’Erwan Larher, l’Abandon du Mâle en Milieu Hostile. Une jeune fille y mijote des interventions terroristo-esthétiques. Ca se passe en Allemagne, fin des années 90.

Quel est le lien avec Ole ?

 

Quelques thèmes de ce roman polyphonique :

LE MONDE D’OLE, NANCY ET LEURS AMIS. On est toujours dans des intermondes, proches des frontières, undergrounds, interdits mais pas complètement. Des no man’s land, des lieux déserts : l’île des punks, le souterrain, les docks.

Une sorte de no man’s time aussi. Traces de l’Histoire, modification du présent, travaux. Mais un côté un peu kafkaïen : les travaux de la ville d’Ole ne se terminent pas, n’avancent pas et ne semblent jamais pouvoir aboutir. Un futur entrevu, mais sans lueur.

LA MUSIQUE. Le rock est omniprésent. Le point d’orgue, ou plutôt le point de Larsen, du roman est le concert des Toten Hosen à Plzeň (Pilsen, vous savez : la bière Pilsner Urquell), en 1987 (extrait vidéo sur la page facebook de Rudiš).
Les différents personnages écoutent du punk. Une façon de s’extraire de la société dans laquelle ils vivent. On y rencontre différents groupes anglais, allemands, tchèques qui ont vraiment existé. Avec une très belle traduction d’un titre du groupe tchèque HNF.

On est dans un monde où l’idéal existe (Helsinki, la jeune fille aux yeux verts, les espoirs post-totalitaires), mais reste inaccessible. L’ancien monde est empesé, encroûté, presque mort, mais le nouveau monde ne naîtra jamais.

L’auteur

Jaroslav Rudiš est tchèque. Né en 72. Parle allemand. A exercé plusieurs métiers (DJ, manager d’un groupe… punk, etc). Avec Jaromir 99, il a réalisé le roman graphique (ou peut-être BD) Alois Nebel (bientôt sur cet écran), qui a ensuite été adapté en un film d’animation très beau et très fort en collaboration avec le cinéaste tchèque Tomas Lunak. Il travaille actuellement autour de différents projets sur Kafka avec le groupe Kafka Band .

Rendez-vous avec Jaroslav Rudiš

Rencontre avec Jaroslav Rudis
Album : Rencontre avec Jaroslav Rudis
Une séance de lecture du feu de dieu et un entretien passionnant
4 images
Voir l'album


J’ai pu participer à une rencontre que Rudiš a acceptée avec de jeunes Tchèques et Français. Tout cela a été très dynamique. Rudiš avait fait la fête la veille, avait un peu oublié de se réveiller pour le rdv, mais s’est finalement montré très enthousiaste. Il nous a proposé deux lectures en tchèque, assez longues, savoureuses et dignes d’un comédien. La salle était hilare. L’entretien a pu se poursuivre en anglais.

Rudiš a avoué sa surprise devant le succès qu’il a obtenu en France. Il a eu de bons articles dans Libé et d’autres journaux. Au-delà du thème punk qui peut intéresser tout le monde, pour lui, il y a tout de même des problématiques très « centre-européennes ». Particulièrement cet « espace » entre l’Allemagne et la République Tchèque. Cela dit, le roman relate aussi une histoire européenne : comment être punk dans les années 80. Inversement son éditeur lui avait prédit un carton en Finlande… « il ne s’est rien passé »…

Il n’a pas été punk lui-même mais a été entouré de punks. Pour lui, le concert des Toten Hosen en 87 était un concert politique : il y avait des gens qui venaient de partout.

Selon lui, la partie de Nancy est difficile à traduire, d’abord en raison des germanismes (le traducteur allemand les a transposés en anglais), puis en raison des gros mots des années 80 qu’emploie ce personnage.

La ville allemande à laquelle pensait l’auteur est Leipzig.

La genèse du roman. Le point de départ a été le journal de Nancy. Violence, verbale entre autre, du personnage. La rédaction de l’ensemble n’a pu se faire qu’une fois toutes les relations entre les différents récits et personnages bien au point. Le travail préparatoire s’est fait sur un tableau qui faisait apparaître tous les aspects. Un peu à l’ancienne. Pour Rudiš, il n’est pas possible de se lancer dans la rédaction si le tout n’est pas prêt, conçu, organisé (un peu racinien, le romancier punk).

Pour le personnage de la fille d’Ole, il a voulu mener une réflexion sur ce que peut être un(e) punk aujourd’hui. Selon lui, tous les 15 ou 20 ans, émerge une nouvelle génération qui constitue une nouvelle forme de punk.

Une rencontre riche et agréable. Un très beau roman. L’histoire de notre No Future.

 

Traduction française : Caroline Vigent et Morgan Corven

 

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